Le Tour du Monde en 80 minutes


Dans la droite ligne du « nunchaku mix » (ça va vite et ça part dans tous les sens), voici un concept de TdM en 80′ que, dans la mesure où il a vocation à faire des petits, je vais m’empresser de specialdedicacer à Pepette & Gilou, qui vont nous commettre des épousailles intergalactiques l’été prochain ! (Et moi, là j’dis frapo !)







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10 bonnes raisons d’aimer le son français

superdupont

Ceux qui connaissent mes goûts (immodérés) pour la musique doivent se demander sur quel pied je vais bien pouvoir danser le long de cette pente savonneuse, vu ce que d’ordinaire je dis dudit son tricolore. Ce titre ressemble effectivement à une balle que je me serais tiré dans un orteil, m’obligeant ainsi, à force de contorsion unijambiste, à un peu plus d’égard à l’endroit de mes compatriotes musiciens. C’est en réalité cet article du Pédé qui m’a donné envie de me livrer à l’exercice. Parce que même s’il est vrai qu’on ne peut pas dire que la France soit le pays de la musique – trop loin s’en faut – on y trouve malgré tout nombre de musiciens inspirés et performants. Par contre, comme pour les truffes, il n’y a rien à voir en surface ! Il va donc falloir creuser … (Let’s dig !)

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gusviseur1 – La préhistoire

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Histoire de me donner du courage, je vais commencer par me rassurer avec quelques anciens : Gus Viseur, Charles Trénet, ou fonky Brassens, rien qu’avec ces trois-là, il semblerait que je parte du bon pied !
(J’allais mettre Django Reinhardt mais hélas, il ést en fait aussi français que Brel ou Halliday).

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2 – L’histoire de France

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gainsbourgGainsbourg, donc. Et qui d’autre ? … J’ai des doutes, j’ai des affres … je parle de musique, pas de poésie. Le son quoi. Si en prime y’a des textes, c’est bonus (et encore, faut-il savoir les servir…) mais je ne m’intéresse qu’à la composition et au son. Donc pour moi, on a le droit de balancer de grosses conneries, tant que ça groove, y’a pas de bruit. Et donc à ce niveau, méritant d’accéder à la postérité, on a Gainsbourg. Et encore, à condition de le mettre en congés après ses impérissables concerts au Palace… Et puis bon, à la limite, j’ajouterais une lichette de Nougaro arrosée de Sanson-Jonasz (mais ça, c’est mon côté toulousain bon public qui parle).

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hadrien_feraud3 – All that Jazz

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Si il y a un cocorico à pousser, c’est sûrement ici et maintenant. On n’est certes pas les champions du monde, mais on a quand même quelques jazzmen qui se tiennent. Les Portal, Escoudé, Lubat, Texier, Louiss, Sclavis (ha ha ha),les Sanseverino, Biréli Lagrène, (on sait ou la liste commence…) sans oublier le jeune que tout la planète s’arrache : Hadrien Feraud. Et même si certains parmi ces têtes de liste ont tendance à un peu trop intellectualiser la musique, voire parfois à s’écouter jouer, il reste tout de même quelques glorieux morceaux de bravoure. Plus confidentiels, des groupes tels que Les doigts de l’homme (ça ne s’invente pas) nous gratifient d’un authentique jazz manouche, Incroyable Jungle Beat explore les infinies possibilités du « yaourt », TSF & Daniel Huck se tirent sans complexe la bourre avec Manhattan Transfer … Et il reste toujours Sixun et leur grand cogneur de Paco Sery, là où Uzeb fait maintenant défaut.

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4 – Rock it (louder!)

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norbert_kriefRamon Pipin et Raoul Petite n’ont pas d’héritier à proprement parler. Et c’est bien dommage. Parcequ’après, on a guère plus que les serial headbangers, les agités issus de l’agriculture métallique façon Trust, et eux ils ont des héritiers, genre Silmarils, pour ne citer qu’eux ! Car chaque ville de plus de 10.000 habitants a son propre groupe de « nu progressive vegetarian grind core »…

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saian_supa5 – Ze frenche Rapipope

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Non, bien sûr, Joey Starr, c’est pas Busta Rhymes (même Lord Ko peut toujours s’accrocher) … mais y’a quelque chose dans le rap français, un petit côté folklo et home made (avec deux gus dans un garage) qui passe pas si mal. Si ils n’ont pas forcément bien vieilli, les albums « Ombre & lumière » ou « Paris sous les bombes » ont posé en leur temps une certaine ambiance. Au passage, une spéciale dédicace pour le son hard-core sans concession d’Assassin et la pure street attitude du Saïan Supa ! Sans compter tout ceux qui ont pu m’échapper (on va pas se mettre des bad bwoyz à dos). Globalement, le rap français est assez autonome et très vivant. Ca bouge vraiment bien et dans le bon sens (surtout au niveau associatif) et quelques bonnes surprises autoproduites sont donc logiquement à envisager. J’attends.

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6 – Diggin’ it Funky

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malkaAh, le funk ! En voilà un bon créneau pour les frenchies ! J’ai d’ailleurs du mal à comprendre qu’on l’ait un peu délaissé ces derniers temps. Après la dissolution de tous les « grands » groupes des 90’s tels que F.F.F., la Malka Family, Mad in Paris, ou encore Dis bonjour à la dame, il ne reste guère plus que les fanfares, qui fort heureusement foisonnent ! Ceux que les Tarace appellent (affectueusement) les Marchent Dedans, les Pistons Flingueurs, Les Fils de Teuhpu (salut les go, mdr Thieum le mari picolo, c’est abusé), sans oublier mon frenchy préféré Juan Rozoff. M’enfin ça pourrait être un extra terrestre aussi, on n’est pas bien certain. Par contre, il est funky, ça c’est sur.

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gnawa7 – Le son des colonies

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Le métissage reste incontestablement la seule politique musicale qui vaille. Du point de vue culturel, le passé colonialiste de la France aura au moins mis à son crédit cet impact indéniablement positif. Parce que si les rebeus de l’Orchestre National de Barbès ou de Gnawa Diffusion méritent plus que Besson la nationalité, c’est que eux enrichissent notre culture. Citons aussi Dub Incorporation et Sinsemillia. Amis zoukeurs, ne m’en veuillez pas d’être plus sensible aux Haitian troubadours qu’à Franki zizi. Toujours plus à l’ouest, ce sont les cubains qui ont inspiré les Fatal Mambo, Manu Chao, P.18 ou Sergent Garcia, pour le plus grand bonheur des fiestas du sud au nord. A part ça, la Jamaïque, c’est définitivement pas dans le coin !

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8 – Electrotekdubhouse

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chinesemanEncore un cocorico, c’est le son de cette décennie qui s’exporte le mieux. Confer la puissance de Daft Punk ou de Justice, des DJ stars comme Garnier, des collectifs tels que Birdy nam nam (j’adore ce nom, je revois trop la tête de Peter Sellers dans « The Party ») ou Chinese man … La créativité est au rendez-vous des NTIC. Dans une veine voisine, les dubs massifs du Peuple de l’herbe ou de High tone n’ont rien à envier aux productions londoniennes.

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jo_styck9 – Surprise variette

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Il arrive parfois qu’un éclair de génie passager touche de sa grâce un artiste de surface. C’est suffisament rare pour être signalé, voici donc vite fait en vrac 3/4 titres qui me viennent à l’esprit : « Tongue dance » (Rita Mitsouko), « Luc » (Arthur H), Les triplettes de Belleville (M), C’est comment qu’on freine (Bashung) … Mais en général, le génie est bien plus méconnu, bien qu’il soit parfois beaucoup plus réellement dévoué au public. N’est-ce pas, cher Jo Ruffier des Aimes ?

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10 – Les musiciens aiment la France

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princeEh oui, et c’est bien un vrai paradoxe, car la France ne ne leur rend pas, elle qui ne les autorise à sortir dans la rue qu’une seule fois dans l’année. Malgré tout, elle attire toute une pléiade de musiciens, de Manu Dibango à Prince en passant par Madonna, qui nous rappellent qu’outre en littérature, nous avons aussi un rôle culturel à tenir sur le plan musical.