Lettre ouverte à Nicolas Bedos

Cher Nicolas Bedos,

Imageun petit mot de réaction après l’écoute de votre interview sur Europe 1. Vous êtes indéniablement doué, c’est le moins qu’on puisse dire ! Votre façon d’affirmer le respect que vous avez pour votre prochain, avec cette sincérité mâtinée de désinvolture feinte, c’est limite touchant. Cependant, comme vous sembliez affligé par le manichéisme des réactions qu’à suscité votre tribune, je vais me faire un devoir de pondérer un peu par la nuance. Car si j’ai le sentiment que vous êtes au fond de bonne foi, je pense que vous avez une vision toute étriquée du phénomène. Et j’ai en outre l’impression que vous le gérez à peine mieux que Manuel Valls. Je dis mieux, parce que vous êtes un alliage plutôt fin de saines valeurs humanistes et d’un humour décapant dans le droit fil de la tradition, qu’elle soit nationale ou familiale. Mais mal quand même, parce que vous faites erreur et vous égarez sur les intentions comme sur le rôle profond de Dieudonné. Ce serait somme toute excusable au regard du maëlstrom ambiant qui nous sert de repère, si vous ne méjugiez en prime de son public, ce qui m’indispose déjà davantage.

Je suis de ceux, assez nombreux en France, qui pensent que la loi Fabius Gayssot a ouvert une boite de pandore. C’est d’ailleurs, à priori, la seule loi française qui se soit passée de la validation du conseil constitutionnel, et c’est elle qui aura permis à la LICRA d’exister. Rien que cet acronyme … l’esprit chagrin que je suis voit d’un assez mauvais oeil la distinction faite entre le R et A. Comme une inégalité qui se profile à l’horizon. Bon, le R on sait ce que c’est, mais le A ?… Le simple fait d’en demander une définition constitue déjà pratiquement un acte de rébellion en soi (de catégorie A, justement). Moi, je ne fais que dire qu’on a le droit de rire de cette incongruité. Ca n’est en tout cas pas plus choquant que le sketch faisandé sur le génocide rwandais, qui est passé sur anal + à une heure de grande écoute : « ♪♫ maman est en haut, coupée en morceaux ♪♫♪… » même si je ne suis par ailleurs pas davantage pour l’interdire, non, mais imaginez un peu le couplet transposé : « ♪♫ Maman est en haut, qui fait du savon, papa est en bas, qui sniffe du zyklon ♪♫♪ … » Vous avouerez que ça donne tout  de suite un petit côté caustique légèrement déplacé, non ? Pourtant, l’humour, ça doit aussi servir à choquer les consciences. A chacun d’en user de manière avisée, qu’il soit auteur ou spectateur, en conservant son libre arbitre comme son esprit critique.  S’il a pu m’arriver de trouver vos chroniques jubilatoires, Dieudonné reste un des rares à me faire littéralement éclater de rire, avec ses propos politiquement très incorrects, sa mine de ne pas y toucher,  sa bonhommie truculente, son insoumission chronique …

ImageVous devriez m’accorder sans peine qu’il est de loin le plus subversif de nos bouffons. Lui qui tutoie le gouvernement, met la fessée à Moscovici, insulte les arrogants, serre les paluches des pires infréquentables, ridiculise le sinistre de l’intérieur en le prenant à son propre jeu … Et dont le bilan s’alourdit, à chaque vidéo, de 2 à 3 millions de morts … de rire. Alors oui, je crois qu’on peut dire sans risque de se tromper qu’il agace en haut lieu. Au point même de provoquer des dérapages dangereusement incontrôlés de la part de ceux dont la fonction même aurait du interdire toute autre réaction que l’indifférence. Et l’on s’étonne après que dans ces traces de pneus vienne se fédérer un public de plus en plus large, excédé qu’il est d’être pris pour un con à longueur d’émissions de télévision. Mais faut le comprendre, des fois, le public. D’autant qu’il a Internet à sa disposition (pour l’instant), avec RT, IRIB, Egalité & Réconciliation, l’Agence Info libre, le réseau Voltaire, Investig’action … toute cette ribambelle de sources « russo-révisionnistes », qui ne sont évidemment là que pour alimenter de fumeuses théories complotistes. A ceci près que n’importe qui avec deux sous de jugeote aura tôt fait de jeter un oeil sur l’actionnariat desdites sources, et de se rendre compte qu’elles sont, dans le meilleur des cas, exemptes de conflit d’intérêt (ce dont fort peu de titres hexagonaux peuvent se targuer) et dans le pire à considérer comme de la propagande au même titre que nos médias.

Vous qui avez une conscience somme toute objective de votre statut privilégié de bobo parisien, je vous trouverais extrêmement inspiré de venir assister à un de ses spectacles en province. Je vous imagine volontiers plutôt surpris par la grande diversité d’origines et d’âges de ce public. L’ambiance y est, sauf trouble à l’ordre public sur injonction de quelque illuminé de l’ordre national du Mérite, toujours à la courtoisie et à la bonne humeur. Rien de très étonnant cela dit. Ce refus de la violence, caractérisé par la volonté d’en rire que symbolise la désormais célèbre quenelle, tient tout entier dans le discours de fond de Dieudonné, qui n’a finalement jamais changé d’un iota : il a toujours refusé de voir autre chose qu’un représentant de l’humanité dans le regard de l’autre. Vouloir en faire un raciste est d’ailleurs une hérésie, un contre-sens total, et la part de son public qui ne s’est jamais résolu à l’ostraciser ne peut que prendre aujourd’hui cette propagande télévisuelle pour ce qu’elle est. Mais … « On me dit que des antisémites se sont glissés dans la salle ? »… Circulez, vous ne pouvez pas rester ici, le spectacle est terminé ! Voilà qui est bien dommage, parce que nous on avait comme une féroce envie de rigoler. C’est bien comme ça qu’on aimerait la faire cette indispensable révolution : par le rire. Parce que se foutre de la gueule de Valls, finalement, c’est bien meilleur pour la santé que de s’énerver à chacune de ses sorties de route. « Hé, Manu, tu descends ? » Si, si, je t’assure, faut redescendre ! Tu peux pas rester perché comme ça …

Bon, alors maintenant, mettons qu’il faille aussi instruire un peu à charge. On est bien obligés de reconnaitre que l’animal est un vilain joueur, qui adore appuyer là où ça fait mal. Comme il le dit si bien lui même : « J’y peux rien, ch’uis taquin, d’une taquinerie toute maladive … » Mais si ce n’était que ça … c’est qu’en plus il semble aimer cultiver l’ambiguité, lui qui en est presque à faire du « border line » une marque de fabrique. Laquelle marque lui rapporterait gros, mais on ira pas jusqu’à comparer avec les stars des JT. Ce sera au final un des rares griefs que je serais susceptible de retenir à son encontre. Et encore, je me demande malgré tout si il n’est pas là aussi dans son rôle. Quitte à l’habiter, le rôle … On peut pas tout le temps faire semblant. Surtout avec ce méchant vent de face : il arrive un moment où rester debout, ça devient un engagement ! C’est quand même un truc de dingue ce qui lui arrive, essayez de vous mettre cinq minutes à sa place (ça ne devrait pas être trop compliqué : j’ai cru comprendre que vous aviez été menacé, vous aussi). C’est en cela que je vous trouve un peu déconnecté des réalités. Vous avez certes les bonnes préoccupations et les meilleures volontés du monde (c’est dire si je vous crois intègre), mais il semblerait que vous ne soyez pas en mesure de comprendre que quelques exacerbés (qu’ils soient nervis à la LDJ ou fans de Dieudo) puissent mal interpréter vos propos, et juger que cet apparent positionnement sur plusieurs tableaux relève d’une certaine malhonnêteté intellectuelle.

ImageJe suis pour ma part bien convaincu qu’il n’en est rien, mais les réalités sociales nous rappellent qu’elles demandent de l’engagement. Que personne ne veuille faire le boulot à la place de Dieudonné, ou même lui filer un coup de main – à la limite, quand t’as des gosses à nourrir, et que ton gagne pain c’est la télé – on peut essayer de comprendre. Mais le minimum syndical devrait vous contraindre à adopter une posture un peu plus humble, un peu plus discrète, à l’instar d’un Comte de Bouderbala ou d’un Alexandre Astier, qui refusent tout simplement de se soumettre au haro consensuel. Ou mieux encore d’un Daniel Prévost qui n’hésite carrément pas à prendre tout le monde à contre-pied, et à foutre les siens dans le plat (quitte à tirer un trait sur le tournage de « La vérité 4 ») !

Enfin, soyons raisonnables : personne ne va déporter personne. Il serait grand temps que l’on puisse se parler et s’écouter, à défaut de s’entendre. Et pour pouvoir en arriver là, il faudrait déjà essayer de dépassionner un peu le débat, qui commence là à friser le ridicule absolu ! La presse étrangère unanime se demande comment le pays de Rousseau a pu en arriver à de telles extrémités … Et très franchement, je doute fort qu’on puisse leur faire avaler que l’hystérie soit dans le camp de ceux qui ont pris le parti d’en rire. Il faut vraiment avoir abandonné ses dernières minutes de cerveau disponible pour gober un mensonge pareil. Se contrefoutre de tout au point de laisser LCI & BFM vous dicter la vérité. Ou peut-être, et j’imagine que c’est une option à envisager dans votre cas, craindre très fort d’être rejeté par des amis chers, pour lesquels prendre du recul est particulièrement difficile. Ce que je fais avec les miens, d’amis, c’est que je leur recommande la lecture de quelques ouvrages éclairés d’auteurs tels que Norman Finkelstein, Shlomo Sand, Gilad Atzmon ou Jacob Cohen (Le printemps des sayanim). De voir « Defamation« , le film de Yohav Shamir, ou celui de Asher Namias et David Balchasan « The ringworm children ». Sans être obligé d’aller jusqu’à Bryan Mark Rigg ou David Cole, il y a moyen de trouver quelques alliés objectifs d’une réalité bien concrète. Mais en tout état de cause, casser du sucre sur le dos du dernier homme debout de votre profession, c’est totalement contre productif, en plus d’être petit et mensonger. Quand la délégation des rabbins orthodoxes de Neturei Karta est venu à Paris prier pour Yasser Arafat, pas un seul média n’a voulu les recevoir. Ils ont fait leur conférence de presse … dans le théâtre de Dieudonné ! Bingo ! Quelques journalistes étaient bien présents, mais pas un papier n’a filtré dans la presse. C’est qu’il s’agirait là de rabbins antisémites ! C’est en tout cas ce que nous sommes priés d’avaler. Et il faudrait en prime dire qu’on trouve les quenelles de mauvais goût ? Mais qui a dit qu’il fallait les avaler, les quenelles ? Le glissage, c’est pas par là, faut pas se tromper de sens.

En attendant, quand je vous dis qu’on en peut plus d’être pris pour des truffes, je pourrais encore pousser le raisonnement jusqu’au bout : tout ce cirque est tellement grossier que la vraie question à se poser serait plutôt de savoir si le gouvernement ne serait pas en train de tout faire pour nous jeter dans la rue. Les violentes provocations à l’encontre des valeurs chrétiennes ou musulmanes, les malversations et les égarements de nos élites corrompues, les lois répressives et liberticides « votées » en catimini, la surveillance généralisée, le deux poids – deux mesures permanent, l’exacerbation des communautarismes, la censure, les double discours, les délits d’opinions, les procès d’intention, les « jours de colère » organisés depuis Panama … « Tout cela nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire » ! « Les français n’aiment pas, ça » (BHL). Et vu l’empilement de conneries en tous genres, on a vraiment l’impression que ce gouvernement fait tout ce qu’il peut pour se faire détester. Pour mieux nous faire accepter l’idée de se débarrasser d’eux au profit d’une gouvernance mondiale, peut-être ? Selon une loi universelle qui veut que l’on doit toujours bien agiter le peuple avant de l’asservir. Phase 1, on augmente la température du bain en faisant feu de tout bois, jusqu’à ébullition. Phase 2, on déclenche, puis noyaute les émeutes, qu’on laisse gravement déborder, voire qu’on met en scène pour littéralement choquer l’opinion (psyop). Phase 3, une fois la population excédée et apeurée, on arrive avec une solution européenne sécuritaire (et totalitaire), le gouvernement est démis, et c’en sera fini une bonne fois pour toutes de ces chieurs de français ! Si ça vous paraît loufoque, n’allez surtout pas creuser, c’est typiquement le genre de théorie qu’on arrive à documenter sans même le vouloir.

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Donc vous, oui, vous, Nicolas Bedos, fine plume de la nation (ne cherchez pas, ce n’est pas un gros mot), moqueur impénitent soit peu consciencieux, que ne prenez vous le seul parti qui s’impose de lui-même : celui d’en rire ? Qu’à nous ne tienne de déjouer le triste scénario qu’ont concocté les élites de la finance apatride pour les manants que nous sommes. Ils sont déjà aux abois, qui multiplient les faux pas dans l’urgence et ne pourront bientôt plus tirer sur la planche à billets. Il ne tient qu’à nous, qu’à vous, de les exposer et de les moquer. C’est la seule chose que ces réseaux de l’ombre ne sont pas en mesure de supporter : l’exposition au plein jour et la raillerie. Redire que les vrais fisteurs, ce sont ces crevards de la Fed et de la BCE, banques privées à l’opacité totale qui entendent régner sans partage sur nos vies, jusqu’à nos morts. Que les pantins qui leur servent de larbins, quelle que soit leur position sur l’échiquier politique ou leur fonction au sein de quelque organe de presse ou cénacle européen, n’ont d’autre ambition que de conserver leurs émoluments de privilégiés. Et que les quenelles ne sont là que pour chatouiller leurs fondements et leur signifier ainsi que non, nous ne sommes pas dupes (ni fachos, ni masos) … A cet effet, et osant espérer trouver en votre auguste personne un allié objectif de choix, je vous invite, en tout bien tout honneur, à venir vous encanailler (incognito ou pas) avec une bande de potes toulousaings bien déterminés à aller prendre leur dose de grosse rigolade au Zénith, le samedi 22 février. Si par le plus grand des hasards j’étais parvenu à susciter chez vous la moindre curiosité, sachez que nous nous ferons un honneur, autant qu’un plaisir, de vous recevoir chaleureusement et en toute amitié. (Contact FB ci-dessous)
Bien à vous,

Goupil

EDIT 09/02
Dites voir Nicolas, je vous ai connu moins poussif … C’est visiblement très compliqué de faire de l’humour en ce moment  ! Mais qu’à vous ne tienne de sortir un peu du politiquement correct, vous verrez, ça simplifie la tâche. L’invitation du 22 tient toujours, même si ça commence vraiment à ressembler à un cours de rattrapage !

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Lettre ouverte à Jean Mallot, sérieux candidat à la Présidence de la République.

Monsieur le Député Jean Mallot,

Votre candidature à la présidence de la République, pourtant soutenue par plus d’une centaine de députés, peine à obtenir la visibilité qu’elle parait mériter. Dire que vous avez un problème de communication est un prototype d’euphémisme … Rien d’alarmant, je vais me faire un plaisir, autant qu’un devoir, de prendre les choses en main (un petit ministère « Communication et Culture » à la clé devrait faire l’affaire) !

Gardons un instant votre sérieux : pensez-vous réellement pouvoir revenir sur tout ce qui n’a pas marché ? Et jusqu’où pensez vous remonter ? Après que Giscard en 73 eut permis aux financiers de mettre le pied dans l’encoignure de la porte*, les socialistes se sont bien vite empressés d’oublier Jaurès, et Bérégovoy privatisait déjà de bon cœur. Je ne dis pas que tout soit à jeter dans le capitalisme, mais son inventeur Ford lui même en avait posé les limites en expliquant qu’un patron ne devrait pas prendre plus de dix fois le salaire de son employé de base, et quand bien même ce ratio peut paraître aujourd’hui obsolète, l’idée derrière est qu’il faudrait à minima pouvoir légiférer sur ce point. Parce qu’un PDG qui part en empochant l’équivalent de 25 vies entières de labeur, pour retraite chapeau de quelques années de (pas nécessairement) bons et loyaux services, outre l’aspect révoltant que ça présente, ça grève forcément aussi un peu l’emploi. Votre candidature est porteuse d’un espoir que vous ne me semblez pas à même d’assumer : où allez-vous trouver la force financière et spirituelle de lutter contre les méthodes de corruption et d’intimidation des lobbies de l’argent ? Vous ne pouvez pourtant pas ignorer que le temps n’est plus aux compromis : l’alliance devra se faire à gauche sur un programme clair et audible, toutes qualités qui semblent cruellement manquer à celui du PS.

Alors oui, votre candidature est séduisante, tout d’abord parce que vous êtes un outsider, et que nos compatriotes ont tendance à aimer ça, et ensuite parce que vous avez un humour sérieusement décalé tout à fait à même de faire traînée de poudre sur le net. Mais cela étant, si le PS vous apporte la crédibilité de sa structure, vous ne pourrez pas vous dédouaner des vrais engagements que la République et la démocratie (aux sens étymologiques des termes) réclament : annulation de la dette, scission des banques de dépôts et des banques d’affaires, réelle indépendance des agences de notation, re-nationalisation des services publics vitaux (eau, énergies, infrastructures vitales au fonctionnement du pays), annulation des lois iniques telles que la Loppsi II … Bref, tout un arsenal qui ne manquera pas de vous mettre les puissants à dos. Mais c’est soit ça, soit commencer votre mandat sous un régime fiscal dont le premier poste sera consacré au remboursement de la dette (c’est déjà le cas pour le budget 2011), dont chacun sait qu’il vise à gaver des oies déjà bien trop grasses, qui ne produisent rien et ne réinvestissent pas davantage (sans parler de l’évasion fiscale).
En gros, vous allez devoir vous trouver une bonne grosse dose de testostérone, car contrairement à ce que l’on entend hélas trop souvent, je reste convaincu que le pouvoir politique existe vraiment, et que seul manque le courage de s’en servir. Aurez-vous ce courage, Monsieur Mallot ? Avez-vous lu Jacques Généreux ? Seriez-vous prêt à lui confier Bercy ? Si vous répondez oui à ces trois questions, vous aurez ma voix, et le mégaphone qui va avec. Dans le cas contraire, je vous le dis sans détour, autant voter pour la baudruche la plus gonflée à gauche, si vous voyez de qui je veux parler. A son crédit, et quand bien même je réprouve d’autant le procédé que je le pense brillant, il a au moins compris qu’il fallait lutter à armes (populistes) égales avec monsieur talonnettes.

Bien à vous, Monsieur le Député.

R. SPENALE

* A propos de cette loi « Giscard-Pompidou-Rotschild », il faut tout de même savoir que l’intégralité de l’éventail politique Français, de Besancenot à jmlp en passant par l’UMP et le PS, s’est dit prêt à l’abroger. Il ne s’en est par contre pas trouvé un seul pour dire que dans l’état actuel des choses, cela reviendrait à pisser dans un violon dans la mesure où le principe même de cette loi (qui vise à interdire à l’état de créer l’argent nécessaire à son fonctionnement) a été entériné au niveau supra-national par le traité de Maastricht. De même qu’il y a une omerta totale sur les personnalités et les parcours de ces hauts fonctionnaires (non-élus) européens. Monsieur Mallot, la vérité, c’est que la copropriété se barre en sucette et que le syndic a déjà la main sur le magot, alors que tous les proprios sont en vacance intellectuelle, à un point tel qu’ils ne sentent même plus la liberté leur échapper.

EDIT 21/02/11 : Mallot se paie Fillon

Très bien, bravo et merci, on voit que le métier rentre ! Mais bon, un haro sur Fillon, quand bien même c’est jubilatoire et, dans le cas présent, salutaire de tirer sur l’ambulance … ça reste malgré tout très « petit bout de la lorgnette ». La politique française est aujourd’hui vidée de son sens, dans la mesure où les décisions qui concernent effectivement nos vies à tous se prennent maintenant au niveau européen. Elle n’est déjà guère plus qu’un show dans lequel les médias s’activent à focaliser l’attention sur de grossiers contre-feux, et là, oui, « j’ai envie de vous dire, pas vous, pas ça … » (Au passage, quelle tache ce Baroin ! La droite « au pouvoir » et la gauche « aux affaires »… enfin).
Mais parlez-nous donc plutôt de l’Europe, Monsieur Mallot. Et dites-nous s’il vous plaît qui sont vraiment ces hauts fonctionnaires qui tiennent la dragée haute aux gouvernements et décident pour leurs ministres. Au passage, rassurez-nous aussi sur le fait que vous êtes plus attaché au Gaullisme qu’à l’atlantisme, et donnez nous enfin un espoir concret. Ne comprenez-vous pas que la France est en train de perdre la guerre de la démocratie ? Vous voulez être Président et changer le cours des choses ? Alors informez-vous, informez-nous, et engagez-vous ! Parce que DSK, il est à peu près autant socialiste qu’un Kouchner en train de virer Richard Labeviere. Y’en a un peu ras le bol des aveugles, surtout quand la vérité saute aux yeux comme un coup de pied au cul.
Honnêtement, au point où vous en êtes, je pense que vous avez déjà du être approché, et que vous comprenez de quoi je parle. Et au pire, dites le moi en privé, je m’en satisferai. Mais en tout état de cause, je me refuserai à promouvoir un candidat qui n’ouvre pas les yeux, aussi plein de bonne volonté et de charisme soit-il. On n’a plus vraiment le temps de roupiller, maintenant.

Les enfants que nous avons avec Fadela …

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Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous ce brillant coup de gueule de la Fée Absurde, qui en s’éloignant aux antipodes a pris une certaine hauteur. Merci d’excuser son QWERTY qui ne permet pas les accents.
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Fadela Amara fait perdre Kärcher à la Culture

11.02.10 | AU MINISTÈRE DE LA CULTURE, c’est Frédéric Mitterrand qui fait la gueule. Et c’est le CANARD ENCHAÎNÉ qui le révèle dans son édition de mercredi. La société allemande Kärcher a retiré, pour 2010, son soutien aux Journées européennes du patrimoine dont elle était le sponsor depuis deux ans…

C’est savoureux, meme si 2,5 millions en moins pour le « patrimoine », (autrement dit une certaine forme de culture, principalement celle des vieilles pierres moussues assurant le « rayonnement culturel » aupres des touristes) ca fait deja moins rire … Interessant aussi de voir comme les industries, grace au sponsoring peuvent enfin officialiser leur pouvoir de museler les politiques ou de leur faire payer leurs ecarts ideologiques. Avant, ca se passait sous la table ou sur des comptes numerotes. Toutefois si on y reflechit, Karcher qui nettoie gratos a hauteur de 2,5 M€, ca signifie des contrats d’exclusivite avec l’etat francais en pagaille ! On n’a rien pour rien ma bonne dame … Et en parlant de nettoyage, elle doit se faire passer un savon l’Amara a l’heure qu’il est ! Ni pute, ni soumise (qu’elle avait co-fonde) mais maladroite …

« Oui, il faut nettoyer au Kärcher, nettoyer cette violence qui tue nos enfants dans les cités ».

C’est la sale phrase qui fache le nettoyeur et eclabousse le cultureux Ministre. Lachee par une femme bouleversee apres la mort d’un enfant dans une fusillade a Lyon, on l’entend jusqu’en Australie … Bien intentionnee, Mme Amara, peut etre, mais, roquet ou perroquet face au Gramophone, prenant les mots et la voix de son maitre, « Sarko-Pavlov », elle aboie cette abomination. Pense-t-elle beneficier d’une forme quelconque de licence poetique ? Celle a laquelle pretendent les rappeurs malpolis, les ecrivains revisionnistes ? Comme si citer Gnome 1er offrait l’immuable absolution.

On peut imaginer que notre Fougueuse faconna, en d’autres temps, la metaphore de maniere plus personnelle et surtout, plus adequate quand elle pourfendait les inegalites de genres, les discriminations de peaux ou les abus de croyances, mais c’etait avant qu’elle ne perde le contact avec « nos enfants des cites » pour penser pouvoir les sortir de leur « biotope » au Karcher.
C’etait avant d’etre, telle une Rama Yade, une Rachida Dati, un Kouchner, voire un Mitterrand, posee la par notre Minarque (c’est comme un monarque mais en plus petit) qui voit en elle, non seulement, l’archetype ideal de la femme qui se sort de la cite au mepris des traditions culturelles dont elle est issue, mais aussi un parcours et une tenacite qui la qualifient pour le casting gouvernemental concu dans le but de nous endormir, a l’instar de Cameron nous ebouriffant de 3D pour qu’on oublie la vieille quiche de cliches rechauffes qui lui sert de scenario.
Plus petulant qu’un Vizir enfin devenu Calife, notre Prez, toujours a fond, se donne du mal pour nous faire oublier ses escapades en Yacht offertes par ses potes au lendemain d’une election qu’il remporte contre un beauf malhonnete et un nostalgique des tortures coloniales, pour nous faire avaler ses caprices de starlette clinquante, son augmentation de salaire, de privileges, pour lui et pour sa troupe d’acrobates, son Cirque du Sommeil. Et on y a presque cru que ca allait changer la donne mais pour ca il aurait fallu qu’il laisse un peu d’espace et d’autonomie a ses pantins.

Soucieux de son look, en Berlusconi qui se la jouerait Kennedy, Nico aime etre celui qui protege et rassure. Il est multitache et adore changer d’avis sur une intuition. Il trouve que cela lui donne du panache, de la stature. Nico aime le beton, le Karcher, les arbres des Grands Boulevards apres la taille reglementaire biannuelle, la Nature docile des jardins de Versailles, la Turquie hors de l’Europe mais ca depend des jours et de son agenda. Il collectionne les montres rutilantes, goute le confort, la manucure, les chausseurs discrets, la vitesse, le luxe au service d’une gestion optimale de sa vie de pouvoir, la brillance de l’acajou des Riva, les soquettes en soie, les t-shirts americains un peu serres, la simplicite d’un pull en cashmere. Il prefere qu’on l’ecoute sans rien dire et que les ouvriers des usines qu’il visite ne soient pas trop grands. Il deteste l’Imprevisible. Les handicapes, les enfants, les animaux sauvages, les vieux, les ronces, la boue, manger en public, les rues mal eclairees, les interviews impromptues ou les histoires absurdes. Il ne comprend rien aux Monty Pythons. Il evite les photos en pied, Carla ou Obama debouts a ses cotes. Il interdit qu’on laisse sortir les chiens lorsqu’il pleut a cause de l’odeur de poil humide.

Il reve d’une France « moderne, efficace et dynamique » comme un jogging en plein soleil, d’une « Pensee Francaise » audacieuse, portant, fiere et anglophone, les valeurs democratiques et la tradition humaniste au monde reconnaissant. Il veut une France sexy et cool comme le president noir qui tape un basket au G8, a L’Aquila en ruines, entre deux conferences. Il lui plait que des francais gueulent « Yes, We can » avec son nouveau pote, mais ne s’y croient pas trop quand meme, parce que ce qui l’a fait elire notre Mytharque (comme un monarque mais en plus mythomane), son fond de commerce au taulier de la france (comme la France mais vue de la Maison Blanche), c’est la Peur : la peur du pauvre, la peur du manque, la flippe du noir, du jaune, la frousse de l’arabe, surtout dans les villages et les quartiers ou l’on n’en croise pas. L’apprehension du jugement, du chomage, de la vieillesse. La trouille de la grippe, du moustique, de la canicule, du rechauffement global, des speculateurs qu’il tance a Davos et flatte a Paris, des jeunes, pas ceux de l’UMP, les autres, ces sauvageons, dont certains savent -qu’on les fasse taire!- qu’a travailler plus et a courir n’importe ou comme un poulet sans tete, on meurt sans vivre et sans aimer. Le mepris tremblant pour les « artisans culturels » dont l’oeuvre donne du sens au monde mutant, en temoigne et nous secoue vigoureusement pour nous rendre autonomes et qui, par amour de l’Art Vivant, chient sur Hadopi parce que reduire la liberte individuelle au nom de la survie des artistes apres avoir demantele le systeme d’aide a la creation, ce serait comme enterrer vivante sa soeur trop belle au nom de  » l’Honneur Familial  » parce qu’elle s’est betement faite violer par le pere de famille, ou si vous preferez, ca reviendrait a trahir Morpheus et Trinity pour un putain de steak. Une jeune fille meurt. Un cineaste nait. L’Art survit. Dans la penombre des salles, on s’emotionnera l’annee prochaine de la realite qui nous a laisses indifferents la semaine derniere.

J’ai l’air de m’eloigner du sujet, mais cette parenthese sur l’Art Ethique et le crime dit « d’honneur » me rapproche de Fadela et sa foireuse metaphore.

Fadela ! S’te plait, reecoute Marvin Gaye ! Il est mort lui aussi d’une balle « perdue », tiree a bout portant par son pere pasteur qui, lui ayant enseigne le chant choral des anges des l’enfance, ne pouvait qu’etre ivre de honte a l’ecoute de « Sexual Healing », ou de « Flying High in the Friendly Sky ». Et toutes ces femmes hurlantes, hysteriques, agglutinees a la scene comme pour le devorer. Le Saint Homme, en sa sagesse morale et son manque de groove, decida de suivre sa vision qui se peut resumer comme suit : « En ton Nom, Dieu, ce soir dans ma maison, je vais dezinguer mon fils, ce chien qui chante l’Amour Universel, baise des centaines de femmes de toutes les couleurs, a le monde a ses pieds, se shoote a l’Angel Dust, et me file pas assez sur ses droits d’auteur pour que je voie pas a quel point mes ouailles me prennent pour un con dans mon eglise ». Apres le meurtre, pour echapper a la justice, il pretendra l’avoir pris pour un voleur.

Comme quoi, aujourd’hui, grace a la Charia qui est super-fashion, et a la reunification du Culte et de l’Etat, on progresse en ce qui concerne la protection des droits du lapideur et du loisir de tuer son prochain, sa prochaine, parce qu’il respire trop fort, le sourire aux levres. En invoquant nonchalamment au choix l’un des trois Peres-Dieux des religions monotheistes en place, le concept de crime d’honneur, la morale, la tradition ou, a plus grande echelle, si on desire tuer hors des frontieres familiales ou nationales, en declenchant une guerre religieuse entre Soldats du Jihad et les Croises s’autoproclamant « l’Axe du Bien », on peut encore raviver les haines de voisinage ici, ou ailleurs, en elevant un mur, des grilles, tandis qu’en Allemagne les vestiges d’un autre s’enfoncent sourdement dans l’herbe ou ornent les galeries d’Art. Mieux que le Karcher, effacer les memoires. Comme son nom l’indique « la revolution » est un mouvement a 360 degres.
Tete haute, mains propres, comme un Homme.
Rasee ou couverte, penchee sur l’ouvrage, comme une femme.

Fadela ! Toi dont le nom claque aux oreilles du dyslexique comme l’etendard d’un bidonville bresilien, ecoute le Grand Marvin te sussurer gratuitement sur youtube: « Only love can conquer hate ». Ta metaphore a 2 millions 7, elle est moisie. On ne peut pas nettoyer la violence par le vide au Karcher. L’enfant que tu aurais aime proteger serait emporte par ce jet brutal de sable et d’eau, aveugle et imprecis, meme si Yves Duteil lui tenait la main.
Ecoute attentivement « What’s going on ? » resonner dans ces banlieues ou l’ennui s’accroche aux places desertes, aux galeries commerciales sans ame ou « nos enfants » trainent leurs desirs sans fond, leurs espoirs sans forme en attendant qu’une autre Toi les sauve.
Alors qu’autour des ronds-points steriles, sans fin, tourne l’argent blanchi des promoteurs et des elus, tu te souviendras peut etre que ton Boss, a l’epoque Ministre de l’Interieur, avait deja si bien fait le menage que la seule espece d’humain qui ait survecu est celle des predateurs, s’appropriant l’espace public des rues decoupees en territoires, se partageant le cash des combines et le pouvoir. Les autres, Fadela, celles et ceux pour qui tu as cree « ni pute, ni soumise », et puis les vieux, les faibles, les doux, les Homos, les taiseux dans leurs livres, les sensibles, ceux-la se planquent dans les apparts des tours encore debouts. S’ils laissent sortir « nos enfants » pour qu’ils jouent a la guerre dans la cour, eux memes ne font qu’y passer, vite, de jour, vers l’ecole, le supermarche, le parking, le boulot repetitif et en sens inverse, pour, apres avoir ferme la porte avec la chaine qui grince, manger, se gaver de tele pour se convaincre qu’il y a pire ailleurs, puis tomber dans un oubli sans reve.

Forcement, de temps en temps, des voitures explosent, un gamin prend une balle, bavure policiere ou reglement de compte, meme coup bas, une jeune femme, pas meme une sorciere, brule pres des poubelles dans l’odeur d’essence, sans meme avoir tente de delivrer Orleans, connu la volupte, l’extase spirituelle. Fascines, les journalistes font leur travail sans voir les bonheurs derriere la misere, parce qu’il y en a. Ils nous mettent en garde contre les terroristes qui posent des bombes. Mais comment appeler ceux qui minent nos pensees, jour apres jour, avec de la terreur ? A 20 H, quand la France dine, le tout est bien mis en scene dans le poste pour qu’opere le Garcimore de l’Elysee. J’aurai pu dire le Majarque, (qui est au monarque ce que Majax est au magicien) mais Jose Garcimore, qui, lui, n’aurait pas fait de mal a une souris blanche, parlait, comme Nicolas, avec ses mains, un accent chantant et cette meme expression lunaire dans ces yeux ronds, stupefaits. La magie de Monsieur Bruni, c’est la poudre aux yeux de son apparente proximite. Contrairement a Jose, il ne rate ses tours que rarement et fait disparaitre les faits, la logique, le sens critique, la joie, aussi vite qu’un episode de « Tele-Realite ».

Quand se produisent ces choses qui te blessent, Fadela, previsibles pourtant, ton Maitre feint la surprise, puis la deception. S’il est trop evident que le drame couvait, qu’on aurait pu l’eviter, il trouve un coupable, une parade, un vieux scandale des familles. Ou il epingle la legion d’honneur au decollete d’une star americaine. Plus tard, detendu, sans fond de teint, assis a la fraiche dans l’ombre mobile des arbres du parc de sa residence, il envoie quelque pion, comme toi, s’offusquer sur place, exprimer de la souffrance teintee de honte devant ce deshonneur, pour que ne nous pese pas trop notre indifference a l’egard du sort des autres.

Comme Neo, Nicolas est l’Elu du vide.
Grace a la peur, et a l’ignorance, il peut faire passer des lois securitaires de son monde au notre sous pretexte de nous proteger de nous memes, comme on empeche un enfant de verifier que l’eau bouillante, ca brule. A l’insatisfaction affective, cultivee par l’infantilisation des masses au moyen d’un systeme legislatif qui se base sur la punition plutot que la prévention, dont la carotte serait la carte de credit, et le bonheur, l’obligation; si l’on ajoute la desinformation par les medias concentres sur l’insecurite et le sensationnel; une education scolaire dont le but n’est pas de fournir a l’Individu des reperes ou des methodes d’analyse lui permettant de batir une pensee construite, personnelle et evolutive mais plutot de le calibrer le plus jeune possible, comme un produit de consommation, un outil de travail destine a la grande distribution de la vie, ce, afin d’en gerer le fonctionnement plus facilement, on obtient le schema, en theorie, de l’Ouvrier parfait, du Soldat obeissant, de la Famille Humanoide.
Aussi laid que l’ideal religieux integriste, quel qu’en soit l’Inquisiteur, voila l’Idee Societale Ultime des mondialistes de multinationales dont l’unique proposition economique accompagnant la Democratie reste la Consommation. Au diner: des petro_tomates, cultivees hors sol, avec melanges nutritifs chimiques, antibiotiques pre-integres, parfaites en apparence, moins fragiles, moins gouteuses, la bonne boite, la bonne etiquette, pour une imitation de tomate. Une illusion de nourriture a laquelle nos papilles s’adaptent, trompant nos illusions de memoires.

En reduisant l’acces aux choses gratuites, comme la nature, la discussion, l’introspection, en ne validant que la competitivite, la distraction, l’activite permanente, en faisant passer la gentillesse pour de la faiblesse, en enfermant la Beaute etiquetee encore, sous verre dans des musees, la Nature dans des reserves entourees de parkings, il est possible de reduire la capacite humaine d’emerveillement, d’imagination, d’observation, de questionnement. A definir « La Fantaisie », « la Reverie », l »Altruisme » de maniere de plus en plus pejorative, ces notions etant percues comme contre-productives depuis la « Revolution Industrielle », on etouffe la communication, l’empathie, la creativite. On transforme un etre interactif sain en « unite consommatrice formatee », isolee et dependante, physiquement de plus en plus inadaptee a une Nature avec laquelle elle a de toute facon de moins en moins de contact direct ou prolonge. Nature, ou plutot image resiliente de nature, souvenir que l’on peut manipuler puis, dans la foulee, declarer « dangereux » sous les pretextes les plus incongrus, aussi degueulasse qu’une chasse a la baleine. Toujours, encore, detruire l’Imprevisible, l’Innocence. Casser la gueule aux bebes phoques.

Nous dans la Nature. Etrangers a notre propre Planete. Pour se rapprocher d’un Dieu que l’on croit en dehors de nous, aussi « betement » que l’on se pense separes du monde animal. Deja morts. La Nature en nous. L’Ame humaine, la conscience, remplacees par l’avidite ou aveuglees de concepts moraux batis sur l’envie, d’images cathodiques vides de sens et de compassion. Agonisante.

Les happy ends n’interessent pas grand monde a part les producteurs de cinema. Les gens et les pays heureux n’ont pas d’Histoire, mais des histoires, une tradition orale, une cosmogonie liee au balancement regulier des lunes, des saisons. Ceux qui levent encore le nez vers les etoiles contemplent les lueurs de corps celestes depuis longtemps disparus en ecoutant des jazzmen morts.

Fadela, nos enfants sont des mutants occupes a survivre. Des corps chimiques a la poesie accidentelle, s’amusant d’etre un cancer pour la planete, une leucemie que nourrit Disneyland, un « Chaos » dans « La Belle Verte ». Au lieu de les plaindre, de les juger, regardons nous. C’est nous les obsoletes, les dinosaures, hebetes, sur le seuil du jardin.

L’age de feu ou de glace ne fait que commencer.

Jule Japhet Chiari
From Perth, Western Australia.

Feel Free to comment.
Merci a Diegosan pour les sobriquets de Sarko. Sa belle cervelle s’exprime ici

La dette publique ? Un bon business !

Voyez ci-dessous l’estimation de ce que nous, Français, avons payé depuis 1973, au seul titre des seuls intérêts sur la dette publique :

1 371 612 824 560 €

Et le compteur tourne à raison de milliers d’euros par minute !

Ne serait-il pas temps que l’Etat récupère son droit régalien de créer la monnaie dont il a besoin ? Peut-on encore considérer comme démocratique un état qui endette ceux qui ne sont pas encore nés ?

(Re)lisez ce que j’en disais l’an dernier, et si ça vous démange (ou pas) signez donc par là … Ne rien faire n’est plus une option.

Question au ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.

Monsieur le Ministre,

Je vous demande de bien vouloir trouver ci-joint une note dont le contenu est destiné à provoquer une réaction de votre part, autant que faire se peut. Je n’ignore pas que le temps vous est compté. Vous n’ignorez pas qu’il est des questions auxquelles on se doit d’en consacrer quand elles touchent à nos engagements et nos responsabilités. Merci donc de l’attention que vous apporterez à donner à cette note son vrai sens, celui d’un souci de gestion plus appropriée d’une question qui relève de vos engagements personnels et publics.

Je vous adresse, Monsieur le Ministre, l’expression de mes sentiments républicains respectueux et attentifs,

Jean-Jacques Spénale
82140 Saint Antonin Noble Val

N.B. Je donne notamment copie de ce courrier aux parlementaires de mon département, dont j’imagine qu’ils partagent mon indignation.

PIECE JOINTE

Pour renouveler un passeport ou une carte d’identité, France 2 se faisait l’écho ce 11 janvier à 13h d’une situation touchant environ 100.000 français à qui l’on demande de prouver qu’ils le sont. Aux uns on dit que leurs anciens papiers d’identité successifs sont le fruit d’erreurs administratives. Devant leur impossibilité d’apporter les preuves exigées, s’ils disent qu’ils souhaitent alors déposer une demande de naturalisation française, on leur répond qu’ils ne peuvent pas, puisqu’ils sont déjà Français !
Il est toujours possible de préférer marcher sur la tête, mais ce n’est pas au gouvernement d’en donner l’exemple. Monsieur le Ministre, sommes-nous nés au pays de Descartes et des droits de l’homme et du citoyen ?
A d’autres, bien que nés à l’étranger de parents français, on inflige la déconvenue de prouver qu’ils le sont bien. Gare à ceux dont l’un des ascendants ne s’appelle pas « Dupont blanc de blanc » ! Entre autres conditions « exigibles » …

Bien entendu les administrations passent pour folles quand elles ne font qu’appliquer, formulaires à l’appui et cases à cocher, ce que vos services (sous vos ordres et sous votre propre responsabilité), imposent à des gens à qui vous demandez de débattre de ce qu’est l’identité nationale, et l’intégration … La leur ? Mon témoin de mariage, 74 ans, né de mère française et de père « exotique »… est professeur retraité et ancien Officier de Réserve. Il s’est lui aussi heurté au moment d’un renouvellement de papiers d’identité à ces âneries dites à tort « administratives » puisqu’elles sont « gouvernementales ».
Or :
1° Ce n’est pas aux particuliers de réparer 100.000 supposées erreurs « administratives » sur des questions d’identité qui seraient le fruit de décisions ministérielles de l’époque précédente.
2° Sauf à n’avoir aucune connaissance juridique, il est des domaines où le droit ne peut avoir d’effet rétroactif. La nationalité par le droit du sol est bien de ceux-là, au moins jusqu’à la date où il a fait l’objet d’une modification restrictive pour les jeunes.
3° Un étranger ne peut être professeur de l’Education nationale en France, et un EOR de l’armée de terre ne peut pas non plus être étranger dans l’armée de son propre pays. Et mon témoin de mariage était les deux !

En dehors du phénoménal désordre très artificiellement créé pour une catégorie de Français qui, de toute façon, finira par avoir les renouvellements demandés, de telles inepties tatillonnes n’apportent que des tracasseries et du travail administratif inutiles; mais aussi des pertes de temps et d’argent pour des gens souvent modestes, et de surcroît une rancœur contre le pays qu’ils ont servi et qui les traite comme des parias … Et encore, hélas, la preuve que la bêtise peut s’ériger en règle au sein même d’institutions dont le rôle est de donner aux Français des exemples de bonne gestion.

Monsieur le Ministre, une réponse motivée de votre part m’honorerait et vous honorerait, à moins que la démocratie n’implique plus que la déclaration des abus doive faire l’objet de remises en question, par ceux qui sont en garde des principes républicains, tout comme nos élus qui, semble-t-il, laissent aller les choses en l’état, comme si elles allaient de soi, sans en paraître scandalisés au point de réagir.

N.B. : Pour grossir les statistiques de reconduites aux frontières, nos forces de l’ordre sont allées jusqu’à « saisir » les passagers de bus en transit vers le Maroc via l’Espagne, pour leur payer par avion un voyage d’expulsion vers une destination dont ils avaient déjà réglé le trajet … puisqu’ils rentraient chez eux ! Se peut-il que les finances de l’Etat soient moins touchées par la crise que celles des Restos du cœur ?

Le P4P, une fausse bonne idée !

Avez vous ententu parler du P4P ? Cette nouvelle technologie risque fort de succéder au fameux P2P qui a tant fait débat lors de l’adoption de la loi Hadopi. Tâchons de voir dans les grandes lignes quelles sont les différences entre le Peer to Peer et le Peer for Peer.

Le principe du P2P, c’est de connecter son ordinateur à une machine distante afin de partager des fichiers. La recherche effectuée ne prend pas en compte la situation géographique des machines concernées, ni les réseaux qu’elles utilisent pour s’interconnecter. C’est un fonctionnement donc très proche des concepts fondateurs de l’Internet, son travers étant qu’il consomme inutilement de la bande passante lorsque les machines connectées sont géographiquement très éloignées. Car nul doute que le fichier que vous êtes en train de télécharger sur un serveur néo-zélandais soit disponible sur un serveur français. D’où l’idée d’améliorer le fonctionnement du P2P : si, au lieu d’aller chercher le fichier en Nouvelle-Zélande, on arrivait à déterminer le meilleur endroit à partir duquel télécharger, cela permettrait d’une part de ne pas encombrer inutilement les réseaux, et d’autre part d’optimiser la vitesse de téléchargement. Des chercheurs américains ont donc travaillé avec assiduité sur ce projet apparemment gagnant-gagnant. Et les résultats des tests effectués par Verizon semblent contenter tout le monde, les utilisateurs comme les opérateurs.

Ce qui est beaucoup plus surprenant, c’est que cette évolution soit plébiscitée par les majors, alors qu’ils combattent depuis des années les échanges P2P. Une explication s’impose : le P4P remet en question la fameuse Neutralité du Net et s’assied tout bonnement sur la confidentialité des données. Techniquement, toutes les requêtes seront centralisées, autorisant ainsi les fournisseurs d’accès à contrôler quels fichiers sont disponibles sur les machines de leurs abonnés. Au delà, les FAI seront aussi en mesure de prohiber certaines requêtes, d’interdire de transit certains types de fichiers, voire même d’interdire un fichier en particulier, sans parler d’éventuels rapports automatiques à quelque organisme externe de type Haute Autorité …
Partant de là, inutile de vous faire un dessin, le P4P n’est certainement pas une évolution du P2P, c’est juste sa fin programmée. Nul doute qu’en France, où la tendance à vouloir faire prendre des vessies pour des lanternes est plus qu’établie, on saura faire la promotion de cette technologie révolutionnaire, très « dans l’air du temps » (cf. Orange, qui voudrait bien qu’il y ait Internet et Internet) et surtout dans l’esprit de la prochaine loi que le gouvernement ne tardera pas à faire voter.

YOUPI ! (Un nouveau contributeur sur mon blog !)

Vous vous apercevrez rapidement en lisant cet article que les chiens ne font pas des chats (bonne ascendance ne saurait mentir). La prose paternelle devrait, si ce n’est par le style, au moins sur le fond vous rappeler la mienne. Un chouia moins agitée (quoique), et un brin plus sarcastique … c’est le privilège des années.

YOUPI !

Par Jean SPENALE.

° Quelques bienheureux bien nourris, font le siège des parlementaires et se livrent à des exploits pour échapper à l’ISF, l’éradiquer ou en réduire les effets. Ce sont les mêmes qui traitent le plus souvent nos déshérités de paresseux. C’est classe. Enfin, c’est réaction de classe, quand on est entre soi…

Côté patrimoine conduisant à payer l’ISF, un ministre cita le cas de cette pauvre veuve du 16ème ou d’on ne sait quel quartier huppé, qui « à cause de la valeur de son domicile principal » est soumise à l’ISF sans avoir les moyens de sa ‘‘fortune’’. Voilà justement ce qui justifie que cet impôt soit jeté aux poubelles de l’histoire de la fiscalité. Côté chômage, citez ce jeune sans travail à qui vous avez proposé de gratter quelques heures de salaire chez vous, à des tâches ménagères… et qui, le fainéant, n’a pas même daigné donner suite, ce qui prouve qu’il est riche, ou paresseux, ou les deux, et super sympa de vous conforter dans votre bonne conscience et votre argumentation préférée.

L’histoire de la veuve du 16ème ne prouve pas que l’ISF est à affiner, mais bien qu’un impôt pour riches est tout simplement inique. L’histoire du jeune réfractaire aux tâches ménagères, elle, est la preuve de la paresse et de l’inconséquence des chômeurs. D’ailleurs, s’ils étaient moins paresseux, ils ne seraient pas 4 019 700 en novembre dernier, selon l’Insee, dont 1 392 400 chômeurs partiels, partiellement paresseux, dont il ne faut pas dire qu’ils aimeraient chômer moins pour travailler plus.

N.B. En octobre-novembre dernier, la France comptait 1700 paresseux de plus par jour. Youpi !

° Au fait, vous avez remarqué qu’on ne parle plus des ‘‘multinationales’’ ? Le nouveau mot, c’est la ‘‘mondialisation’’, pour dire la même chose, avec aux commandes l’OMC, qui veut la liberté totale du commerce. Faites travailler des enfants, ça coûte moins cher, et c’est bon pour l’exportation dans les pays qui ont une protection sociale. C’est bon pour la délocalisation de leurs industries vers les pays qui sont les plus doués pour ramener l’humanité à l’esclavage économique de notre 19ème siècle. C’est ça le progrès, le vrai. Ce qu’en pensent nos spéculateurs ? Ben… Youpi !

° Pendant que le « bouclier fiscal » protège sa clientèle des « Resto du Cœur », les accidentés du travail, grâce à Sarko et ses bons godillots de l’UMP, vont voir leur indemnité compensatrice ‘‘fiscalisée’’… bien qu’inférieure à leur salaire, youpi ! C’est ce qu’on appelle du cynisme, non ? Bernard Acoyer, président UMP de l’Assemblée, a traité cette mesure votée par ses collègues avec une certaine verve : « Une bêtise, une erreur politique, humaine et sociale. » Voilà que j’en oubliais le drame de l’ISF. Au fait, vous avez entendu parler de la liste des 3000 tricheurs du fisc qui ont exporté leur fric en Suisse ? Vous savez… le pays qui vota : « Pas de minarets sur nos coffres-forts… » ?

° Profitant du fric qui va rentrer avec l’impôt sur les accidentés du travail, Sarkozy a fait voter par sa même majorité, de nuit, toujours à l’occasion du budget 2010, l’achat et l’aménagement d’un avion A-330 pour… le président de la République. Equipé d’une Rollex en or pour lutter contre la crise ? Aménagements compris, on l’espère, il y en a, pour à peine 185 millions d’euros… Youpi majuscule !

° Critique de Sarkozy contre les écolos au Conseil national de l’UMP, Journal Du Dimanche : « Est-ce qu’ils savent qu’il y a du chômage (des paresseux…), de la misère dans le monde ? »… Pas en France, bien sûr, puisqu’on détricote toutes les lois sociales, que l’ISF est sous protection, le bouclier fiscal en fonctionnement garanti, les restaurateurs nantis de 4 milliards d’€ de ristourne de TVA par an… et que, Dieu merci, l’Etat n’a pas de dette extérieure. Enfin si peu… elle n’est ‘‘programmée’’ qu’à 37 milliards de plus en 2010 qu’en 2008 : 250 milliards d’€ ! Tous records explosés. Pour mémoire, le coût de la première guerre du golfe avait été évalué à 5 milliards d’€ pour la France, sa dette extérieure actuelle équivaut à une guerre du golfe tous les 6 mois, pendant 25 ans… Youpi ! Pourquoi s’inquiéter ?

° N.B. Avec la crise, le nombre de cuisiniers, de maîtres d’hôtel et de serveurs a augmenté de plus de 80% dans le budget des Affaires étrangères qui totalise aussi 59 policiers pour sa protection, contre 31 à la Justice, 22 à l’Intérieur et 15 à… la Défense ! Le ministre le plus protégé est Besson, avec 5 poulets en permanence, pendant qu’on diminue la présence policière sur le terrain.

° Certains ont été frappés par les propos de Besson sur les mariages « gris »… entre « blancs » Français de souche, et quidams plus ou moins « colorés ». Il a lancé un groupe de travail sur « l’escroquerie sentimentale à but migratoire ». Or Besson, qui a plaqué sa femme (Youpi !) pour une Tunisienne de 22 ans (Youpi !) ne semble pas réaliser qu’il est (peut-être) victime d’une « escroquerie sentimentale à but migratoire ». Heureusement, grâce à lui, un groupe de travail est habilité à en décider à sa place ! C’est ce qui s’appelle se tirer une balle dans le pied, non ?