Les enfants que nous avons avec Fadela …

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Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous ce brillant coup de gueule de la Fée Absurde, qui en s’éloignant aux antipodes a pris une certaine hauteur. Merci d’excuser son QWERTY qui ne permet pas les accents.
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Fadela Amara fait perdre Kärcher à la Culture

11.02.10 | AU MINISTÈRE DE LA CULTURE, c’est Frédéric Mitterrand qui fait la gueule. Et c’est le CANARD ENCHAÎNÉ qui le révèle dans son édition de mercredi. La société allemande Kärcher a retiré, pour 2010, son soutien aux Journées européennes du patrimoine dont elle était le sponsor depuis deux ans…

C’est savoureux, meme si 2,5 millions en moins pour le « patrimoine », (autrement dit une certaine forme de culture, principalement celle des vieilles pierres moussues assurant le « rayonnement culturel » aupres des touristes) ca fait deja moins rire … Interessant aussi de voir comme les industries, grace au sponsoring peuvent enfin officialiser leur pouvoir de museler les politiques ou de leur faire payer leurs ecarts ideologiques. Avant, ca se passait sous la table ou sur des comptes numerotes. Toutefois si on y reflechit, Karcher qui nettoie gratos a hauteur de 2,5 M€, ca signifie des contrats d’exclusivite avec l’etat francais en pagaille ! On n’a rien pour rien ma bonne dame … Et en parlant de nettoyage, elle doit se faire passer un savon l’Amara a l’heure qu’il est ! Ni pute, ni soumise (qu’elle avait co-fonde) mais maladroite …

« Oui, il faut nettoyer au Kärcher, nettoyer cette violence qui tue nos enfants dans les cités ».

C’est la sale phrase qui fache le nettoyeur et eclabousse le cultureux Ministre. Lachee par une femme bouleversee apres la mort d’un enfant dans une fusillade a Lyon, on l’entend jusqu’en Australie … Bien intentionnee, Mme Amara, peut etre, mais, roquet ou perroquet face au Gramophone, prenant les mots et la voix de son maitre, « Sarko-Pavlov », elle aboie cette abomination. Pense-t-elle beneficier d’une forme quelconque de licence poetique ? Celle a laquelle pretendent les rappeurs malpolis, les ecrivains revisionnistes ? Comme si citer Gnome 1er offrait l’immuable absolution.

On peut imaginer que notre Fougueuse faconna, en d’autres temps, la metaphore de maniere plus personnelle et surtout, plus adequate quand elle pourfendait les inegalites de genres, les discriminations de peaux ou les abus de croyances, mais c’etait avant qu’elle ne perde le contact avec « nos enfants des cites » pour penser pouvoir les sortir de leur « biotope » au Karcher.
C’etait avant d’etre, telle une Rama Yade, une Rachida Dati, un Kouchner, voire un Mitterrand, posee la par notre Minarque (c’est comme un monarque mais en plus petit) qui voit en elle, non seulement, l’archetype ideal de la femme qui se sort de la cite au mepris des traditions culturelles dont elle est issue, mais aussi un parcours et une tenacite qui la qualifient pour le casting gouvernemental concu dans le but de nous endormir, a l’instar de Cameron nous ebouriffant de 3D pour qu’on oublie la vieille quiche de cliches rechauffes qui lui sert de scenario.
Plus petulant qu’un Vizir enfin devenu Calife, notre Prez, toujours a fond, se donne du mal pour nous faire oublier ses escapades en Yacht offertes par ses potes au lendemain d’une election qu’il remporte contre un beauf malhonnete et un nostalgique des tortures coloniales, pour nous faire avaler ses caprices de starlette clinquante, son augmentation de salaire, de privileges, pour lui et pour sa troupe d’acrobates, son Cirque du Sommeil. Et on y a presque cru que ca allait changer la donne mais pour ca il aurait fallu qu’il laisse un peu d’espace et d’autonomie a ses pantins.

Soucieux de son look, en Berlusconi qui se la jouerait Kennedy, Nico aime etre celui qui protege et rassure. Il est multitache et adore changer d’avis sur une intuition. Il trouve que cela lui donne du panache, de la stature. Nico aime le beton, le Karcher, les arbres des Grands Boulevards apres la taille reglementaire biannuelle, la Nature docile des jardins de Versailles, la Turquie hors de l’Europe mais ca depend des jours et de son agenda. Il collectionne les montres rutilantes, goute le confort, la manucure, les chausseurs discrets, la vitesse, le luxe au service d’une gestion optimale de sa vie de pouvoir, la brillance de l’acajou des Riva, les soquettes en soie, les t-shirts americains un peu serres, la simplicite d’un pull en cashmere. Il prefere qu’on l’ecoute sans rien dire et que les ouvriers des usines qu’il visite ne soient pas trop grands. Il deteste l’Imprevisible. Les handicapes, les enfants, les animaux sauvages, les vieux, les ronces, la boue, manger en public, les rues mal eclairees, les interviews impromptues ou les histoires absurdes. Il ne comprend rien aux Monty Pythons. Il evite les photos en pied, Carla ou Obama debouts a ses cotes. Il interdit qu’on laisse sortir les chiens lorsqu’il pleut a cause de l’odeur de poil humide.

Il reve d’une France « moderne, efficace et dynamique » comme un jogging en plein soleil, d’une « Pensee Francaise » audacieuse, portant, fiere et anglophone, les valeurs democratiques et la tradition humaniste au monde reconnaissant. Il veut une France sexy et cool comme le president noir qui tape un basket au G8, a L’Aquila en ruines, entre deux conferences. Il lui plait que des francais gueulent « Yes, We can » avec son nouveau pote, mais ne s’y croient pas trop quand meme, parce que ce qui l’a fait elire notre Mytharque (comme un monarque mais en plus mythomane), son fond de commerce au taulier de la france (comme la France mais vue de la Maison Blanche), c’est la Peur : la peur du pauvre, la peur du manque, la flippe du noir, du jaune, la frousse de l’arabe, surtout dans les villages et les quartiers ou l’on n’en croise pas. L’apprehension du jugement, du chomage, de la vieillesse. La trouille de la grippe, du moustique, de la canicule, du rechauffement global, des speculateurs qu’il tance a Davos et flatte a Paris, des jeunes, pas ceux de l’UMP, les autres, ces sauvageons, dont certains savent -qu’on les fasse taire!- qu’a travailler plus et a courir n’importe ou comme un poulet sans tete, on meurt sans vivre et sans aimer. Le mepris tremblant pour les « artisans culturels » dont l’oeuvre donne du sens au monde mutant, en temoigne et nous secoue vigoureusement pour nous rendre autonomes et qui, par amour de l’Art Vivant, chient sur Hadopi parce que reduire la liberte individuelle au nom de la survie des artistes apres avoir demantele le systeme d’aide a la creation, ce serait comme enterrer vivante sa soeur trop belle au nom de  » l’Honneur Familial  » parce qu’elle s’est betement faite violer par le pere de famille, ou si vous preferez, ca reviendrait a trahir Morpheus et Trinity pour un putain de steak. Une jeune fille meurt. Un cineaste nait. L’Art survit. Dans la penombre des salles, on s’emotionnera l’annee prochaine de la realite qui nous a laisses indifferents la semaine derniere.

J’ai l’air de m’eloigner du sujet, mais cette parenthese sur l’Art Ethique et le crime dit « d’honneur » me rapproche de Fadela et sa foireuse metaphore.

Fadela ! S’te plait, reecoute Marvin Gaye ! Il est mort lui aussi d’une balle « perdue », tiree a bout portant par son pere pasteur qui, lui ayant enseigne le chant choral des anges des l’enfance, ne pouvait qu’etre ivre de honte a l’ecoute de « Sexual Healing », ou de « Flying High in the Friendly Sky ». Et toutes ces femmes hurlantes, hysteriques, agglutinees a la scene comme pour le devorer. Le Saint Homme, en sa sagesse morale et son manque de groove, decida de suivre sa vision qui se peut resumer comme suit : « En ton Nom, Dieu, ce soir dans ma maison, je vais dezinguer mon fils, ce chien qui chante l’Amour Universel, baise des centaines de femmes de toutes les couleurs, a le monde a ses pieds, se shoote a l’Angel Dust, et me file pas assez sur ses droits d’auteur pour que je voie pas a quel point mes ouailles me prennent pour un con dans mon eglise ». Apres le meurtre, pour echapper a la justice, il pretendra l’avoir pris pour un voleur.

Comme quoi, aujourd’hui, grace a la Charia qui est super-fashion, et a la reunification du Culte et de l’Etat, on progresse en ce qui concerne la protection des droits du lapideur et du loisir de tuer son prochain, sa prochaine, parce qu’il respire trop fort, le sourire aux levres. En invoquant nonchalamment au choix l’un des trois Peres-Dieux des religions monotheistes en place, le concept de crime d’honneur, la morale, la tradition ou, a plus grande echelle, si on desire tuer hors des frontieres familiales ou nationales, en declenchant une guerre religieuse entre Soldats du Jihad et les Croises s’autoproclamant « l’Axe du Bien », on peut encore raviver les haines de voisinage ici, ou ailleurs, en elevant un mur, des grilles, tandis qu’en Allemagne les vestiges d’un autre s’enfoncent sourdement dans l’herbe ou ornent les galeries d’Art. Mieux que le Karcher, effacer les memoires. Comme son nom l’indique « la revolution » est un mouvement a 360 degres.
Tete haute, mains propres, comme un Homme.
Rasee ou couverte, penchee sur l’ouvrage, comme une femme.

Fadela ! Toi dont le nom claque aux oreilles du dyslexique comme l’etendard d’un bidonville bresilien, ecoute le Grand Marvin te sussurer gratuitement sur youtube: « Only love can conquer hate ». Ta metaphore a 2 millions 7, elle est moisie. On ne peut pas nettoyer la violence par le vide au Karcher. L’enfant que tu aurais aime proteger serait emporte par ce jet brutal de sable et d’eau, aveugle et imprecis, meme si Yves Duteil lui tenait la main.
Ecoute attentivement « What’s going on ? » resonner dans ces banlieues ou l’ennui s’accroche aux places desertes, aux galeries commerciales sans ame ou « nos enfants » trainent leurs desirs sans fond, leurs espoirs sans forme en attendant qu’une autre Toi les sauve.
Alors qu’autour des ronds-points steriles, sans fin, tourne l’argent blanchi des promoteurs et des elus, tu te souviendras peut etre que ton Boss, a l’epoque Ministre de l’Interieur, avait deja si bien fait le menage que la seule espece d’humain qui ait survecu est celle des predateurs, s’appropriant l’espace public des rues decoupees en territoires, se partageant le cash des combines et le pouvoir. Les autres, Fadela, celles et ceux pour qui tu as cree « ni pute, ni soumise », et puis les vieux, les faibles, les doux, les Homos, les taiseux dans leurs livres, les sensibles, ceux-la se planquent dans les apparts des tours encore debouts. S’ils laissent sortir « nos enfants » pour qu’ils jouent a la guerre dans la cour, eux memes ne font qu’y passer, vite, de jour, vers l’ecole, le supermarche, le parking, le boulot repetitif et en sens inverse, pour, apres avoir ferme la porte avec la chaine qui grince, manger, se gaver de tele pour se convaincre qu’il y a pire ailleurs, puis tomber dans un oubli sans reve.

Forcement, de temps en temps, des voitures explosent, un gamin prend une balle, bavure policiere ou reglement de compte, meme coup bas, une jeune femme, pas meme une sorciere, brule pres des poubelles dans l’odeur d’essence, sans meme avoir tente de delivrer Orleans, connu la volupte, l’extase spirituelle. Fascines, les journalistes font leur travail sans voir les bonheurs derriere la misere, parce qu’il y en a. Ils nous mettent en garde contre les terroristes qui posent des bombes. Mais comment appeler ceux qui minent nos pensees, jour apres jour, avec de la terreur ? A 20 H, quand la France dine, le tout est bien mis en scene dans le poste pour qu’opere le Garcimore de l’Elysee. J’aurai pu dire le Majarque, (qui est au monarque ce que Majax est au magicien) mais Jose Garcimore, qui, lui, n’aurait pas fait de mal a une souris blanche, parlait, comme Nicolas, avec ses mains, un accent chantant et cette meme expression lunaire dans ces yeux ronds, stupefaits. La magie de Monsieur Bruni, c’est la poudre aux yeux de son apparente proximite. Contrairement a Jose, il ne rate ses tours que rarement et fait disparaitre les faits, la logique, le sens critique, la joie, aussi vite qu’un episode de « Tele-Realite ».

Quand se produisent ces choses qui te blessent, Fadela, previsibles pourtant, ton Maitre feint la surprise, puis la deception. S’il est trop evident que le drame couvait, qu’on aurait pu l’eviter, il trouve un coupable, une parade, un vieux scandale des familles. Ou il epingle la legion d’honneur au decollete d’une star americaine. Plus tard, detendu, sans fond de teint, assis a la fraiche dans l’ombre mobile des arbres du parc de sa residence, il envoie quelque pion, comme toi, s’offusquer sur place, exprimer de la souffrance teintee de honte devant ce deshonneur, pour que ne nous pese pas trop notre indifference a l’egard du sort des autres.

Comme Neo, Nicolas est l’Elu du vide.
Grace a la peur, et a l’ignorance, il peut faire passer des lois securitaires de son monde au notre sous pretexte de nous proteger de nous memes, comme on empeche un enfant de verifier que l’eau bouillante, ca brule. A l’insatisfaction affective, cultivee par l’infantilisation des masses au moyen d’un systeme legislatif qui se base sur la punition plutot que la prévention, dont la carotte serait la carte de credit, et le bonheur, l’obligation; si l’on ajoute la desinformation par les medias concentres sur l’insecurite et le sensationnel; une education scolaire dont le but n’est pas de fournir a l’Individu des reperes ou des methodes d’analyse lui permettant de batir une pensee construite, personnelle et evolutive mais plutot de le calibrer le plus jeune possible, comme un produit de consommation, un outil de travail destine a la grande distribution de la vie, ce, afin d’en gerer le fonctionnement plus facilement, on obtient le schema, en theorie, de l’Ouvrier parfait, du Soldat obeissant, de la Famille Humanoide.
Aussi laid que l’ideal religieux integriste, quel qu’en soit l’Inquisiteur, voila l’Idee Societale Ultime des mondialistes de multinationales dont l’unique proposition economique accompagnant la Democratie reste la Consommation. Au diner: des petro_tomates, cultivees hors sol, avec melanges nutritifs chimiques, antibiotiques pre-integres, parfaites en apparence, moins fragiles, moins gouteuses, la bonne boite, la bonne etiquette, pour une imitation de tomate. Une illusion de nourriture a laquelle nos papilles s’adaptent, trompant nos illusions de memoires.

En reduisant l’acces aux choses gratuites, comme la nature, la discussion, l’introspection, en ne validant que la competitivite, la distraction, l’activite permanente, en faisant passer la gentillesse pour de la faiblesse, en enfermant la Beaute etiquetee encore, sous verre dans des musees, la Nature dans des reserves entourees de parkings, il est possible de reduire la capacite humaine d’emerveillement, d’imagination, d’observation, de questionnement. A definir « La Fantaisie », « la Reverie », l »Altruisme » de maniere de plus en plus pejorative, ces notions etant percues comme contre-productives depuis la « Revolution Industrielle », on etouffe la communication, l’empathie, la creativite. On transforme un etre interactif sain en « unite consommatrice formatee », isolee et dependante, physiquement de plus en plus inadaptee a une Nature avec laquelle elle a de toute facon de moins en moins de contact direct ou prolonge. Nature, ou plutot image resiliente de nature, souvenir que l’on peut manipuler puis, dans la foulee, declarer « dangereux » sous les pretextes les plus incongrus, aussi degueulasse qu’une chasse a la baleine. Toujours, encore, detruire l’Imprevisible, l’Innocence. Casser la gueule aux bebes phoques.

Nous dans la Nature. Etrangers a notre propre Planete. Pour se rapprocher d’un Dieu que l’on croit en dehors de nous, aussi « betement » que l’on se pense separes du monde animal. Deja morts. La Nature en nous. L’Ame humaine, la conscience, remplacees par l’avidite ou aveuglees de concepts moraux batis sur l’envie, d’images cathodiques vides de sens et de compassion. Agonisante.

Les happy ends n’interessent pas grand monde a part les producteurs de cinema. Les gens et les pays heureux n’ont pas d’Histoire, mais des histoires, une tradition orale, une cosmogonie liee au balancement regulier des lunes, des saisons. Ceux qui levent encore le nez vers les etoiles contemplent les lueurs de corps celestes depuis longtemps disparus en ecoutant des jazzmen morts.

Fadela, nos enfants sont des mutants occupes a survivre. Des corps chimiques a la poesie accidentelle, s’amusant d’etre un cancer pour la planete, une leucemie que nourrit Disneyland, un « Chaos » dans « La Belle Verte ». Au lieu de les plaindre, de les juger, regardons nous. C’est nous les obsoletes, les dinosaures, hebetes, sur le seuil du jardin.

L’age de feu ou de glace ne fait que commencer.

Jule Japhet Chiari
From Perth, Western Australia.

Feel Free to comment.
Merci a Diegosan pour les sobriquets de Sarko. Sa belle cervelle s’exprime ici

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Une réflexion au sujet de « Les enfants que nous avons avec Fadela … »

  1. Vivre en France et être citoyen français depuis 5 générations, cela fait mal au coeur d’entendre des mots comme Kärcher ou « aime la sinon quitte la » par des membres du gouvernement qui dirigent ce pays et qui devraient montrer l’exemple par leurs propos et leurs actions … On est bien représentés !!!

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