This is crisis

Comme chacun a pu le constater, notre fameuse crise financière a mué en récession, et les chiffres exponentiels du chômage sont là pour en attester. La question qui se pose désormais est de savoir si l’évolution vers une phase de dépression sévère peut encore être évitée, et nous allons voir que rien n’est moins sur dans l’état actuel des choses. En effet, si les économistes ont bien une idée sur les remèdes à apporter, celà sous-entendrait tout de même à minima une politique commune à l’échelle mondiale … Autant dire que c’est comme si c’était fait !

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Dès le départ, en 2007, la gravité du phénomène a été sous-estimée. Le cumul des risques pris et l’excès d’endettement en sont alors effectivement déjà arrivés depuis un bon moment à un point de non-retour. Mais il faudra attendre le krach d’octobre 2008 (il y’en avait déjà eu un en janvier) pour que les gouvernements acculés se voient contraints de soutenir le système financier, sous peine de banqueroute. C’est vrai qu’un état en cessation de paiement, ça fait un peu désordre … Cependant, il n’a jamais été question d’exonérer le secteur bancaire de ses erreurs (il ne s’agit que d’un prêt), mais juste de le mettre sous perfusion afin que ses fonctions vitales puissent persister, et notamment que le cash continue à circuler. Le problème étant que ce type de prescription risque fort d’être à renouveler, car la récession entraînera fatalement des défauts de remboursements qui vont maintenir le secteur en difficulté. C’est un peu le serpent qui se mord la queue …

Conjointement, les banques centrales ont baissé leurs taux pour tenter d’amortir un peu la récession et les états ont mis en place des plans de dépenses publiques qui devront se substituer un temps à la dépense privée en berne, ce bien sur afin d’éviter la cascade de faillites. On peut le dire, les finances publiques n’en ressortiront pas en forme, et celles de nos arrière petits enfants sont déjà sérieusement plombées ! Et tout ça, en fait, simplement parce que nous n’avons pas su saisir l’importance des enjeux financiers qui se sont dessinés dans les années 70, à la suite du premier choc pétrolier. La fameuse citation d’un des ancêtres Rotschild prendra enfin tout son sens après 1973 : « Donnez-moi le contrôle de la monnaie d’une nation et je ne me soucierai pas de qui fait ses lois ». On notera d’ailleurs au passage qu’en 74, la dette publique de la France était à zéro (1600 milliards d’euros en 2008), mais on ne s’aperçoit qu’aujourd’hui de l’extraordinaire hérésie qu’aura été la concession du crédit au secteur privé. Pour tout dire, c’est comme si on avait filé la clé du frigo à une bande de gloutons sans foi ni loi, en leur demandant gentiment de ne pas trop se goinfrer … Et on va découvrir, stupéfaits, les limites du capitalisme quelques trente ans plus tard.
C’est vraiment trop con, car de toute évidence, c’est un système qui aurait pu et qui aurait du marcher, à condition qu’on l’ait régulé, bien sur, avec des agences de notation indépendantes. Maintenant, c’est un peu tard (pour ne pas dire trop). Comment peut-on imaginer que cette régulation, qui doit se faire à l’échelle mondiale, puisse voir le jour aujourd’hui ? Les antagonismes nationaux et la complexité technique ont, à mon sens, déjà eu raison de cette unique opportunité de sortie de crise. On aura beau gesticuler et afficher de belles intentions pour le prochain G20, faut quand même pas rêver … Pour commencer, le G20 en soi, c’est déjà une monstrueuse arnaque planétaire où on s’organise pour que les 20 pays les plus riches de la planète puissent pomper la quasi totalité des ressources des 172 autres. Et ça aussi, ça fait longtemps qu’on laisse faire … Alors sur le coup, je voudrais pas être alarmiste, mais ça sent quand même un peu la fin de cycle, là !

Enfin, quoiqu’il en soit, il faut croire qu’il s’en est tout de même trouvé quelques uns pour avoir su tirer les leçons du krach de 1929, comme en témoigne l’illustration de ce post, prise au pied de Wall Street à un moment où ça bardait méchamment. Et en tout cas, force est de constater que la crise n’a pas le même sens ni la même portée pour chacun de nous. Par exemple, un gars comme Pustule Bouton, qui a tout de même planté la S.G. de quelques milliards, eh ben quelque chose me dit qu’il ne va peut-être pas être dans le besoin tout de suite … Et c’est vrai que les gros cochons qui se goinfrent sans vergogne, on en voit un peu trop en ce moment. Alors qu’à contrario, l’entrepreneur moyen à qui sa banque vient de refuser un crédit, ben il est pas en forme pour annoncer les mauvaises nouvelles à son staff …

M’enfin, l’essentiel c’est que le CAC40 caracole … Cocorico !!!

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Une réflexion au sujet de « This is crisis »

  1. Je n’approuve pas tout, mais je reconnais que cet article assène un bon nombre de vérités sur la goinfrerie des plus riches et leur scandaleuse impunité.
    L’alerte a été tellement chaude que je pense cependant qu’il est un peu pessimiste sur notre capacité collective à nous en sortir. Sauf intox, le G20 semble avoir esquissé quelques voies de redressement. Le tout sera de veiller à ce que les mesures de moralisation et les moyens de régulation qui l’accompagnent restent efficaces dans le temps et ne tombent pas progressivement en déréliction pour replonger le monde dans une nouvelle crise.

    Onc’Charlie

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